| Pourquoi refuser à un peintre
ce qu'on accorde à un autre?
Comœdia annonçait, l'an dernier,
qu'un des plus brillants peintres fran-
çais dont l'art, issu de l'école dite des « fauves », s'est élargi vers les plus beLles conceptions de la peinture classique, M. Pierre Girieud avait reçu la commande du ministère des Beaux-
Arts et de l'Université de Poitiers,
d'une très importante série de compo-
sitions destinées à être marouflées
dans la grande salle de cette Université
- M. Pierre Girieud a achevé cette
œuvre considérable, cette suite de
compositions décoratives fort impres-
sionnante et qui offre une vision sym-
bolique des divers âges de la pensée
des arts et des lettres.
Or, cette décoration est sur le point
de partir pour Poitiers. Pierre Girieud
espérait au moins avoir, comme satisfaction majeure à défaut d'autre rétribution, la joie de présenter à Paris, ne fût-ce que pour une semaine, ses toiles.
Mais nous croyons savoir que sous
des prétextes- absolument vains, puis-
qu'il serait facile d'y remédier, on se
disposerait à lui refuser les salles de
l'Orangerie, les seules permettant de
ménager une présentation convenable
de ces compositions de grande hau-
teur.
Nous sommes persuadés qu'il suffira
de signaler le fait pour que M. Henri
Verne et la direction des Musées na-
tionaux interviennent et permettent au
peintre Pierre Girieud d'obtenir satis-
faction, permettent aussi à la presse et
aux amateurs parisiens de connaître la
décoration de l'Université de Poitiers
avant son installation. Pierre Girieud
mérite d'être, traité au moins aussi
bien que, l'automne dernier, les com- ,
positions pour le Venezuela de M. O.
D. V. Guillonnet.
Le fait est trop rare de pareilles
réalisations pour les laisser partir inaperçues.— G. B. |