| M. Girieud nous réservait la bonne surprise de sa conversion sincère au culte du dessin. Le peintre marseillais, dont les Trois Grâces,un peu cagneuses de 1912 ne rappelaient guère encore l'origine grecque de leur ville natale, expose en 1913 une Toilette de Vénus quasi-classique. Ce n'est pas à dire que tout soit impeccable ou parfait dans l'anatomie de la déesse ou de ses compagnes qui la coiffent et que Raphaël ou M. Anquetin n'auraient rien à reprendre dans le modèle laborieux de leur épiderme : on se représente plus divinement humaine la reine des Dieux et des hommes chantée par la rudesse voluptueuse de Lucrèce; et sa chair semble du même limon que la prairie qui l'encadre. Il y a, sans trop d'archaïsme ou de fausse naïveté, comme une atmosphère d'ancienne France dans cette élucubration mythologique. - Reproduction de la Toilette de Vénus |