Fiche bibliographique

Anonyme - "Salon d'Automne"
La France---

-Paris
octobre 1919
Contenu sur Girieud
Je songe à la magnifique série de paysages de chez vous, pins et oliviers, cieux et coteaux, ravins et bastides, d'une si noble cadence, d'une profondeur si vivante, que M. Pierre Girieud a envoyé des bords de la Méditerranée et où s'amplifie la jeune maîtrise déjà visible dans son dernier album de litographies Princesse de la Bible et de la Fable. Ce qui caractérise un Girieud, c'est qu'il est un constructeur. Mais ce souci de construction n'atténue en rien, renforce, au contraire, ses dons de peintre en les mettant au service d'un des esprits les plus richement cultivé que l'on connaisse. Il a logtemps habité l'Italie, Sienne en particulier; Il en a raporté l'inspiration renaissante qui anime toute son oeuvre. Bien avant le cubisme, Girieud professait, mais pour lui seul, sans manifeste ni littérature par son labeur médité, Girieud mettait en pratique ce qu'il y avait de précisément utile dans la réaction de la tapageuse école qui est en train de mourir, contre l'impressionnisme. Mais ses théories, que seuls connaissaient ses intimes, ne l'emportèrent jamais jusqu'à l'excessif. En face d'un Matisse, tout perdu dans sa sensibilité charmante et qui la fuit en vain par les plus bizarres raisons, il était excellent que se levassent quelques fermes esprits. Qu'il l'ai voulu ou non, Girieud a été un de ceux-là. Je connais certains jeunes peintres que son exemple a soutenus et raffermis dans leur voie. Mais je le répète, il n'est pas théoricien; il n'est un maître que les pinceaux à la main. Il n'est pas peintre à programme. Il est peintre. Vous verrez ses paysages.

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