| La crise que vient de traverser l'art français ne s'est pas dénouée d'elle-même, et toute seule - Des événements, d'ailleurs tout fortuits, y ont contribué.
De même que la génération finissante des Cottet, des Lucien Simon, a trouvé dans la nature et les naturels de Bretagne un stimulant capable de les arracher à l'universelle, veulerie dont la peinture française, en leurs années de jeunesse se mourait (...) Après tant d'autres qui ont été touchés de cette grâce, Girieud, à son tour, a connu le charme provençal, et c'est une guérison de plus à l'actif de cette terre lumineuse et sereine. Il en a rapporté une cinquantaine de paysages solidement écrits et finement nuancés qu'il expose à la galerie Weill, rue Lafitte, 46. Les monts des Maure et ceux de l'Estérel lui ont fourni en quantité des motifs où le vert argenté de l'olivier se mêle au verdure plus sombre des pins, des ifs et des hêtres, où des hauteurs tantôt abruptes et tantôt mamelonnées encadrent des vallons d'une poésie et d'une noblesse virgiliennes. Il a joint à ces paysages des nus vigoureusement construits et sa propre effigie modelée avec un scrupule rigoureux et vivante. Saluons ce renouveau et félicitons l'artiste de cette cure si heureusement opérée au pays du soleil. |