| Le première impression est de sincérité et de conscience.
On sent que M. Pierre Girieud est uniquement soucieux d'exprimer sa vérité intérieure et cet unique souci attire déjà la sympathie. Puis, à l'examen, on s'aperçoit que cette vérité est de valeur. Une intime noblesse, j'allais écrire une modeste noblesse, tant l'idée de pompe et d'apparat doit être ici écartée, se dégage naturellement de ses toiles. Qu'il s'agisse de nus (il en est un notamment fort bon) ou de paysages, on sent le peintre ému, épris, enthousiaste et en même temps pudique. Quand la pudeur s'ajoute à l'enthousiasme il est bien rare que l'on ne se trouve pas en présence d'un harmonieux équilibre. C'est ce qui se passe ici. L'art de M. Pierre Girieud est harmonieusement équilibré.
C'est dire que cet art est bien de chez nous. J'entendais hier à la galerie Weill prononcer le mot classique.
Sans doute, M. Pierre Girieud est classique, et ce que je viens de dire l'explique suffisamment : encore faut-il spécifier qu'il n'est pas traditionnel. J'entends ainsi réserver la qualité de sa sensibilité qui est actuelle, plus actuelle de fait que celle de tant de peintres qui cherchent la personnalité soit par des moyens tapageurs, soit par des formules de laboratoire aisément assimilables et à la portée de tous ceux qui se veulent extérieurement à la page... C'est par en dedans que M. Girieud est de ce temps; j'ajoute que c'est, à mon sens, la seule façon de l'être avec des chances de pérennité. |