| Un sincère, un fidèle, un élégiaque! Ceux qui connaissent l'homme et son sourire un peu sarcastique — son sourire où il entre tant de défense — souriront peut-être à leur tour à ce terme d'élégiaque. Aussi bien s'agit-il de l'oeuvre même du peintre et dans laquelle l'artiste se montre avec autrement d'oubli, autrement d'élan que dans la suite ordinaire des jours.
Peu d'artistes sont plus émus que Girieud devant la nature, et je n'en sais pas qui rendent avec plus de Soin, plus de piété de cet émoi.
Girieud aime les paysages de Provence les espaces où joue la lumière, les champs à quoi les oliviers donnent
je ne sais quel air de bois sacré et que les premiers contreforts des Alpilles, aériens et bleus, limitent en leur conférant plus de secret et d'intimité.
Girieud est un classique, il l'est par l'inspiration et il l'est dans son style.
Ses toiles sont empreintes de douceur et de cadence virgiliennes.
L'ordre et l'équilibre sont ses meilleures vertus et si l'on peut regretter parfois chez l'artiste que la couleur ne soit pas plus personnelle, du moins chacun de ses tableaux est-il peint avec science et finesse et les tons se répondent-ils en une claire et juste cadence.
Girieud, à côté de ses paysages, expose aussi des compositions.
La plupart sont des thèmes chers aux grands classiques et qu'il reprend pour son propre plaisir à la fois dans la manière de ses illustres aînés et dans la sienne propre
Ce sont des exercices d'atelier ainsi qu'on voit, des arpèges ou des virtuosités de peintre et l'on ne s'étonnera pas que je leur préfère les impressions de nature où l'artiste est tout à fait lui-même . |