| p. 726 - Il est pourtant un artiste qui me paraît avoir fait, cette année, un pas décisif. J'ai d'autant plus de plaisir à lui rendre hommage que je crois bien avoir été un de ses premiers défenseurs, sans toutefois lui épargner les critiques.
C'est M. Pierre Girieud. Ses deux études de nus, surtout le nu qui n'est pas dans un paysage, nous prouvent que la période de recherche trop exclusivement intellectuelle, presque abstraite, où le peintre naguère s'attardait, est heureusement dépassée. Sans renoncer à ses dessins de pures et vastes décoration, il a regardé la nature, l'a observée directement, avec passion, et il a réalisé une oeuvre admirable de richesse plastique et d'intensité expressive. Il y a de la sensibilité et de la tendresse, il y a aussi de la douleur et de la pensée dans ce puissant nu féminin sculptural avec une richesse de coloris; C'est une grande page. C'est pour M. Pierre Girieud un départ nouveau, par une route plus large, vers un but plus élevé.----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
p.730 - Les nus abondent dans cette vingt-cinquième exposition. C'est un trait qui la distingue heureusement des précédentes où les paysages et les natures-mortes tenaient presque tous les murs. .... On reproche aux études de nus de ce salon leur tristesse; je crois que ce reproche généralisé ne serait pas juste... Les figures nus de MM. Puy, Boussingault, Lhote n'ont rien de désolant et il y a dans celles de M. Pierre Girieud de l'austérité mystique, non pas de la tristesse. .... |