| L'ancien « Salon des Refusés ». — Essayistes, tachistes, pointillistes ou cubistes— Coloristes, non dessinateurs. — Tout cela n'est pas à dédaigner.
L'indépendance de ce lieu n'est pas un
dogme ni une école. Elle signifie simplement qu'on peut envoyer ce qu'on veut, jusqu'à concurrence de l'abus. Ce fut jadis ici le Salon des « refusés » du Grand Salon de peinture, le seul qui existât avant 1890.
Maintenant, on y trouve pêle-môle des artistes côtés, célèbres, anciens prix de Rome, qui vendent et qu'on rencontre au Grand Palais, agréés des jurys, voire hors- concours, et ceux qui étaient jadis traités en pestiférés ou en parias.
Cette exposition a donc perdu sa signification de cour d'appel. Son intérêt n'en demeure nas moins considérable. A côté des
barbouilleurs sans métier et sans talent, — hélas ! cette espèce est sans pitié ! — on y heurte les gens à « systèmes », ceux qui ramènent l'anatomie et le mécanisme des mouvements humains à des théorèmes géométriques et à des synthèses de Lignes, prismes, ellipses, rhomboèdres, cubes, cylindres, etc.
On y pressent aussi les « fumistes ». Celui-là est un impénitent du grand art qui rit d'avance de son défaut de tact et d'éducation. Il fait peindre un tableau par un âne (le plus âne n'est pas celui-là) et signé Aksebo ou Boronali.
Non, une pareille exposition, malgré l'absence de doctrine, malgré l'entassement
d'efforts dispersés, n'est pas indifférente à l'art.
Les imaginations les plus chiche-
ment peintes montrent un effort extraordinaire d'agencement décoratif. (Faut-il citer M. André Lhote et sa Partie de plaisir : M. Marcel Lenoir et sa bucolique de Baigneuses et baigneurs; M. Brunelleschi, Soir d'été ; M. -Nauen et ses Moissonneurs jaunes ; M, Georges Rouault, déconcertant ; M. Pierre Girieud et son Esquisse biblique ; le Coin d'atelier de M. Henri-Matisse ?) .... |