| Les Trois Grâces de Pierre Girieud, d'une splendeur d’âmes, se tiennent pieusement appuyées de la main aux épaules païennes l'une de l'autre, sur le bord d'une mer unie. Leur méditation les ensoleille, car, pour mieux les illuminer, toute la vie du mystère flotte flotte autour de leur front magnifique et lourd.
C'est parce que l'oeuvre de Pierre Girieud porte en elle l'empreinte des siècles passés qu'il faut la dire moderne. Que pourrait bien être une sensibilité moderne, si elle ne différait pas des ancêtres en ceci d'abord qu'elle sait l'histoire, et qu'elle a mêlé aux siens tous leurs frissons? (..) La noblesse de la composition, l'orchestration assourdie des couleurs, ce haut style dont s'imprègne tout ce que peint Pierre Girieud explique suffisamment l'unanime succès, qu'il faut constater moins à la louange de l'oeuvre qu'à celle du public. La curiosité amusée et légère dont on effleure la cimaise d'un Salon n'est en effet plus de mise ici. Les Trois Grâces donnent la sensation de la continuité en art. Elles sont frémissantes de l'angoisse contemporaine, et les grecs y reconnaîtraient un esprit sensible aux plus subtiles mesures de la perfection qui leur fût chère (....) |