| (....)En vérité c'est une magnifique saison. D'autant plus que tous ces efforts se répondent, se complètent et se parachèvent. Ceci soutient et confirme cela. Un même printemps, une même poussée emporte et gonfle ces formes diverses. Dans l'élan des mœurs qui se renouvellent le vieil arbre de l'art s'écaille, les préjugés jonchent le gazon. D'un bout à l'autre de l'Europe, l'air, semble-t-il, circule avec plus d'ardeur.(...). Le moment semblerait donc bien choisi pour réaliser ce projet d'exposition internationale de tous les chefs d'oeuvre et de toutes les écoles de la peinture contemporaine, dont nous entretenait récemment Armand Dayot, le très averti inspecteur ds Beaux Arts et généreux directeur de la revue l'Art et les Artistes. (...) Pour surprendre cette âme européenne, un Marquet est allé planter son chevalet devant les mélancolies passionnées de Naples et les neiges enfumées de Hambourg, Camoin a choisi l'Espagne, Friesz l'Allemagne. Dufrénoy, à Venise, Girieud, à Sienne ont écouté le murmure chargé d'histoire des nobles paysages italiens. Valloton dit la Suisse, Flandrin la campagne de Rome. (...)Mais tout cet effort magnifique est éparpillé en de petites expositions chez de très intelligents marchands de tableaux, comme Druet et Vollard, où l'élite pénètre seule; ou perdu dans les flots épais, la marais anonyme et grisâtre des salons. (...) L'heure semble bien avoir sonné où le grand public doit pouvoir être admis à constater l'évolution si profonde de notre peinture, en cette expression qu'elle cherche de l'âme européenne et dans une présentation où toutes les tendances pourront s'affirmer sous l'aspect de leur plus complète réalisation. (...) |