| Entre l'art de Vlaminck et celui de Pierre Girieud, il y a un abîme. Les désirs de ce dernier sont tout autres, ses ambitions plus hautes certainement. Son but n'est pas de réaliser un morceau de peinture, ni de nous transcrire ses émotion devant une figure ou un paysage. Au moyen de lieux communs généraux et toujours éternels - La Musique, la Danse, Apollon et Daphné, le Bain de Diane - il exprime lyriquement son idéal qui s'apparente à la famille des décorateurs. Girieud doit aimer le style et l'ordonnance noble et calme des Poussin.
La peinture de Girieud est celle d'un contemplatif, d'un poète. Mais l'on aurait une idée fausse si l'on s'imaginait ce peintre marchant dans les sentiers du Rêve et de l’Irréel. La nature dans laquelle se meuvent ses personnages mythologique est réelle, c'est la Provence; contrée qui plus qu'une autre éveille en nous de multiples souvenirs qui nous lient à la terre hellène. Le cyprès noir, l'olivier grisâtre au tronc nerveux, le sol ocreux couvert d'une herbe rare, le thym qui cache le terrain de teintes violettes forment le cadre où se déroulent les scènes choisies par Girieud n'ayant d'autre fonction que de fournir au peintre des attitudes. |