| Le 9 janvier 1914, par délibération du Conseil municipal de Marseille, MM. Alfred Lombard et Pierre Girieud, artistes peintres marseillais étaient chargés, après soumission, de l'exécution de fresques pour la décoration de trois amphi-théâtres de la nouvelle Faculté des Sciences. Heureux de pouvoir réaliser dans la ville qu'ils adoraient une oeuvre véritable, ils se mirent au travail. Durant des mois, ils firent études sur études pour mettre au point la maquette présentée. Ils engagèrent des dépenses - ils peuvent en justifier - les échafaudages allaient être élevés quand la grande tourmente les surprit en plein travail. Ils firent leur devoir en bons soldats et Lombard ne revit même sa terre provençale qu'après avoir contracté, face à l'envahisseur, une maladie dont il ne se remet que très lentement. Voulant incarner dans des groupes vivants les éternels symboles, ils demandèrent à la ville, les hostilités étant terminées, où en était la commande. L'administration répondit : "La soumission du 5 janvier 1914 est devenue nulle du fait de la non continuation des travaux." Seule l'administration, dans son impersonnel cynisme pouvait trouver pareille réponse. (....)
Pierre Girieud, lui, a mis plus de calme et de sobriété dans sa fresque ayant pour thème la Physique et les Mathématiques. C'est une vaste composition d'une grande sûreté d'exécution et d'une belle puissance de conception La physique et les mathématiques sont représentées par des figures allégoriques occupant la partie centrale de l'oeuvre entre des groupes, Orphée et Eurydice, et de l'autre côté Adam et Eve qui ne savent rien. Dans la partie de droite sont figurées les sciences mathématiques, la mécanique, l'algèbre, la cosmographie. L'homme a acquis la connaissance. La Tour de Babel terminée s'élève dans le ciel. De l'autre côté sont les sciences physiques représentées par des personnages heureusement groupés : l'électricité, l'acoustique, l'optique, l'hydrostatique sont synthétisées par des scènes familières qui dégagent une grande impression de calme et de bonheur. C'est une impression de calme qui est la note dominante de cette fresque d'une réelle grandeur. (....)
Reproduction d'un autoportrait de 1920 |