| Dans le magazine Sud, M. Paul Sentenac publie une étude sur Girieud, illustrée d’œuvres fort caractéristiques, d'où nous détachons le passage suivant : Il y a dans la personnalité et dans l'œuvre de Pierre Girieud un savoureux mélange de mysticisme et de volupté, mais d'une volupté qui comporte toujours une jouissance esthétique. C'est que de la terre de Provence tout comme du sol d'Italie ont jailli les colonnades harmonieuses des temples dédiés à Apollon et à Vénus, de même que des élans de foi des primitifs vers Dieu.
Girieud, originaire des Basses-Alpes, habita dès l'enfance Marseille et, dans la grande cité méditerranéenne, le boulevard de Longchamp.
A dix ans, élève au Lycée et sentant déjà l'agiter le démon de l'art, il fait l'école buissonnière. Il n'oubliera jamais Marseille qui lui a donné ses premières émotions d'artiste. Il a gardé un culte à la grande ville ensoleillée. Marseille dans le souvenir du peintre, nostalgique au milieu des brumes de Paris, devient le symbole de la lumière et le symbole de la clarté latine. Aussi vers 1912, rejoint-il à d'autres peintres marseillais: Camoin, Alfred Lombard, Verdilhan Mathieu, à des poètes: Joachim Gasquet et Xavier de Magallon, tous également épris de culture méditerranéenne, pour organiser à Marseille une exposition de peinture dans les ateliers de Lombard, quai Rive-Neuve.
Et Girieud loue lui-même, sur le même quai, un atelier à côté de son ami Lombard dont il est resté pendant plusieurs lustres le voisin dans la capitale parisienne.
A l'époque de ce retour à Marseille, Pierre Girieud a déjà conquis à Paris un commencement de réputation, non sans s'être courageusement lancé dans la lutte. Le peintre s'était fixé dans la grande cité des arts avec le début du siècle.
On le retrouvait alors, aussi barbu que chevelu, dans les salles du Musée du Louvre, où il marquait de longues stations devant les tableaux de Poussin, et dans divers cénacles artistiques, au Collège d'Esthétique moderne ou à la Crèche naturiste |